Ne nous y trompons pas : si l’Association « Glorieux Héritages » a été créée, ce n’est pas seulement dans l’idée de mettre en valeur un patrimoine trop peu considéré. C’est aussi parce que ce manque de prise en compte constitue un véritable péril pour les ouvrages en question. Trois menaces, en particulier, l’emportent sur toutes autres.

L’usure causée par le temps, entendu dans ses sens chronologique autant que météorologique

La relative réticence – quand pas la franche perplexité ! – d’une partie des Chaux-de-Fonnier.e.s

La nécessité de répondre au défi climatique, s’agissant de bâtiments construits avant la montée des canicules   

Le Bulding 54, un cas tristement emblématique…

Il serait déjà profondément représentatif de notre objet par son esthétique, par les techniques utilisées ou – dans une perspective plus « localiste » – par son emplacement, en surplomb du quartier alors tout nouveau des Forges ; mais si le « Building 54 » passionne définitivement les animateurs de « Glorieux Héritages », c’est aussi en large partie du fait des problématiques qu’il soulève aujourd’hui, près de trois-quarts de siècle après son édification…

D’un certain côté – et aussi cynique que cela puisse paraître, le cas de ce bâtiment serait plus simple s’il était simplement laissé à l’abandon… On pourrait alors s’en offusquer, en sollicitant l’appui de la Ville ainsi que de l’OCPI, au niveau cantonal, pour tenter de ramener à la raison un propriétaire – par hypothèse – négligeant. Mais la situation est en réalité plus complexe. Et la vérité veut que de nombreux travaux aient été entrepris récemment, en intérieur comme en extérieur.

Il reste qu’un manque de vision coordonnée transparaît des échanges entre la société propriétaire, la gérance et les autorités. Faut-il agir, au risque de transformer l’identité originelle ? Faut-il maintenir en l’état, au risque que… l’immeuble soit déserté ? Ce qui conduirait tôt ou tard au pire scénario, soit à la destruction, comme pour le complexe Bois-Noir voisin il y a peu ! Quoi qu’il en soit, GH compte bien prendre son rôle dans le débat, avec la vue pragmatique qui est la sienne…

En attendant de rejoindre la table des discussions, notre Association ne peut que constater la sévère (et souvent irrémédiable : voir les fers du béton carrément mis à nu ! ) dégradation du vénérable cétacé échoué sur les pentes occidentales de notre ville. Avec pour seule consolation une forme de regard poétique, relevant de ce que d’aucuns qualifieraient de… « géométrie de la décrépitude » !